Que d’espoirs portés sur ce fameux Plan de Fréquences en Communauté française ! Tant de ministres toutes couleurs confondues s’y sont cassés les dents. Le principe semble pourtant simple : il y a trop de radios pour la place disponible sur les ondes courtes, il faut donc faire un nettoyage… La volonté d’une femme a fini par payer et l’année 2008 devrait rester dans les annales de la FM, à bien des égards ! L’ordre est à présent établi au sein des radios privées francophones belges... un ordre à respecter pour les 9 années à venir (tiens, le chiffre 9 a-t-il une symbolique particulière ?) Le Saint Graal pour les uns, le châtiment infligé aux autres (une peine ici bel et bien incompressible. Pas question de revenir sur les ondes au tiers de la peine !). Une femme qui n’a finalement fait que mettre à la disposition des patrons de radios privés un gâteau prédécoupé, sans doute trop maigre par rapport à la portion du service public, mais qui avait au moins le mérite de présenter tous les ingrédients pour ne plus cette fois exploser au nez et à la barbe d’auditeurs en demande d’un confort d’écoute bien mérité, et de certains patrons, d’un repos bien mérité. La main qui allait distribuer les parts de ce gâteau porte 3 lettres : CSA pour Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Il était écrit en fin de compte qu’en effet les instructions allaient venir de l’Ordre Supérieur, celui-là même qui régit abusivement la vie des citoyens belges : le président de parti ! D’indépendance, le CSA n’en a sans doute porté que l’espoir car dans les faits se sont vues récompensées les radios en odeur de sainteté avec le pouvoir en place. Comment obtenir les autorisations ? Peu importe la qualité du projet, si vous ne présentez pas la couleur politique du moment, circulez et revenez plus tard ! Vous n’avez qu’à être là à la bonne place et au bon moment ! Mais ? … c’est comme ça !
Et l’avis de l’auditeur ? Et bien, il est pris en compte, rassurez-vous. Il est en fait incarné par les 10 jurys du CSA, répartis soigneusement en fonction de la majorité en place, logique ! Ils sont en principe épaulés par des techniciens, ceux là même qui doivent éplucher des centaines de pages rédigées par les radios dans le cadre de leur dossier de candidature. Une procédure tellement dantesque que le néophyte en radio qui souhaiterait faire naître un tout nouveau projet peut rapidement faire une croix dessus. A quoi bon en fait puisque tout est joué d’avance… Que de temps et d’argent dépensés !! Oui mais on peut perdre du temps, on l’a vu à la télé et on peut aussi perdre de l’argent, on ira demander aux voisins !
Et ce Plan Fréquences alors… Et bien, les places d’honneur étaient au nombre de 6 : 4 réseaux communautaires (diffusion sur l’ensemble de Bruxelles et de la aWallonie) et 2 réseaux dits « urbains » (diffusions sur les grandes villes). Il y avait aussi un peu de gâteau pour les réseaux provinciaux et puis un peu pour les radios indépendantes, des miettes en somme mais elles, elles sont vraiment indépendantes alors elles doivent jeûner ! La tempête médiatique a surtout soufflé sur les 6 grosses bougies du gâteau. C’était plus chouette à suivre !
Alors cette question : pourquoi avoir pris 9 mois pour décider alors qu’il suffisait de 5 minutes ! Les fameuses 5 minutes de courage. Fermez les yeux ô citoyens. Ca va aller très vite, vous n’y verrez que du feu et ça ne fera pas mal !
Voici les acteurs. Tapis rouge pour Bel RTL et Radio Contact, les deux Formule 1 de la radio, qui n’ont pas laissé le choix au CSA en ne postulant que pour les deux premiers réseaux (C1 et C2). « Nous, c’est première et deuxième place, point ! » Toucher à l’une de ces deux radios revenait à mettre le feu aux cités minières du pays. Restaient 2 places communautaires pour 3 candidats ! Merde, ça c’était pas prévu… L’idéal aurait été de faire sauter Nostalgie pour NRJ et Ciel, deux radios… chuuuuut, soutenues par le PS et le CDh. C’est tout de même tentant !! On le fait ? Non, trop risqué ! Allez ? Non ! Va pour Nostalgie qui prend la 3ème place, le C3. (c’est bon pour une fois !!! mais attention, faudra pas nous oublier quand on aura quelque chose a vous demander !!!). Alors dilemme : qui pour le C4 ? Que faire avec ces deux candidats, ces cherubins, qui n’ont pas voulu des réseaux urbains (NRJ et Ciel… « Non pas les petits jouets, on veut les gros ! ») ? Très simple, jouer à pile ou face et puis faire de la place en bas pour recaser le perdant. Pile, c’est NRJ qui passe en C4. C’est ce qu’on appelle dans le jargon wallon, le coup du papillon. Oui mais du coup, Ciel aura moins de fréquences car les réseaux urbains sont plus petits. Pas de problème ! Il suffit de changer les règles en gonflant le réseau urbain et en le transformant en communautaire bis avec le papillon magique. On peut ? Oui ! Sûr ? Oui ! Non ? Si ! Mais alors discrètement ? Non, vous allez voir. Plus c’est gros, plus ça passe… Et l’affaire est réglée… 5 minutes !! Puisque je vous dis que ça prenait 5 minutes.
Et Mint ! 3 radios pour RTL ? Ah non, il fallait choisir. On n’avait dit à papa Delusinne « Pas 3 !» ! Et BFM ! BFM ? Jamais entendu parlé…
Tiens, on a oublié Fun ! Fun, c’est NRJ ? Non… Sûr ? Certain ! Alors, oui, une place pour Fun aussi. Et puis, c’est marrant !
Et voilà, la messe est dite ! Madame la Ministre en a fait son credo… redonner au populaire ses lettres de noblesse. Les arts de la rue ne sont pas un vilain mot ! Et bien vous voilà servis, divertissez-vous ! La vie est trop courte… Quoi vous voulez du sérieux ? Et bien il y a les livres ou bien la RTBF. Ah, un doigt se lève ! C’est celui d’IPM qui a promis, avec sa radio Ciel, qu’il ferait de l’audience à deux chiffres sans « jeux populaires » et sans « vulgarités » ! Celui-là, soit il le fait exprès, soit il n’a rien compris ! Sacré François !
Et maintenant, citoyens, dormez ! Demain est un autre jour… On peut ronfler ? Bien sûr !
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